| La 13ème
D.I. se compose en Mai 1918 du 21ème, du 109ème
R.I., du 20ème et 21ème B.C.P.. Elle est appuyée
par le 62ème R.A.C. et un Groupe du 121ème R.A.L.,
ainsi que par un Escadron du 4ème Chasseurs à Cheval.
Ce texte a été publié en 1926 dans "La
revue militaire française" par le Lieutenant-Colonel
Laure et le Commandant Jacottet.
Du 29 mai aux premiers jours
de juin - Rétablissement sur les plateaux du Tardenois
Le 29, entre 3 et 4 heures du matin, le 21ème B.C.P. est
au contact avec la 154ème D.I. vers la station de Prin-sur-l'Ardres.
Nous tenons la ferme 2 kilomètres nord de Brouillet, la
partie moyenne du bois des Moines, le carrefour des routes de
Cohan à Lagery et d'Arcis-le-Ponsart à Vézilly.
Le front passe ensuite par Igny-l'Abbaye, le bois d'Aiguisy, la
corne ouest du bois de Rognac où le 109ème R.I.
est dans une situation assez imprécise. Plus à l'ouest,
fractions mélangées du C.I.D. 157 et du 20ème
B.C.P. La soudure avec la 5ème D.C. se fait vers Villomé.
L'artillerie de 75 de la division a un groupe au nord de Romigny,
un groupe au bois Lanaux, un groupe près de Berthenay.
A l'artillerie lourde, une batterie est près de la station
d'Olizy, une autre près de la station d'Anthenay: des deux
batteries ont peu de munitions; la 3ème batterie, sans
munitions, a dû rejoindre la colonne légère.
Le général de
division maintient la répartition de son infanterie et
donne à chaque groupement un groupe d'artillerie d'appui
direct. Il se réserve un groupement d'action d'ensemble
(un groupe 75, le groupe 155), pour pouvoir intervenir suivant
les événements. L'escadron divisionnaire aura pour
mission de rechercher et de resserrer les liaisons avec les divisions
voisines. Les deux compagnies du génie, qui ont combattu
depuis deux jours dans les rangs de l'infanterie, se porteront
sur Aougny et y installeront un centre de résistance. Les
trains de combat et trains régimentaires viendront au nord
de Villers-Agron. Le C.I.D. 13 se reconstituera à Verneuil.
P.C. de la division: à Villers-Agron.
A 6 heures, deux bataillons
de la 19ème D.I. britannique arrivent derrière la
gauche du groupement Weiler: ils forment l'avant-garde de leur
division, qui débarquera au cours de la journée
dans cette partie du champ de bataille, mais sans artillerie.
Vers 7 h 30, le général
Putois, commandant la 20ème D.I. qui arrive en renfort
de la 13ème D.I., se présente à Villers-Agron
au général de Bouillon. Il met à sa disposition
deux bataillons du 25ème R.I., qui sont immédiatement
dirigés sur Vézilly pour étayer
la gauche de la division; un groupe d'artillerie, qui s'établit
vers le bois Lanaux avec même mission identique; et deux
compagnies du génie, qui devront être poussées
sur Vézilly pour y organiser un centre
de résistance.
A l'ouest, la 5ème
D.C., avec des groupes lui appartenant en propre et celles du
groupement Randier qu'elle a cru, la veille, devoir prendre sous
ses ordres, résiste difficilement à la pression
continue et violente des Allemands: au cours de la matinée,
ceux-ci s'emparent des plateaux entre Coulonges et Cierges, si
bien que le flanc de la 13ème D.I. est à nouveau
gravement découvert.
A midi, le général
de Bouillon est informé qu'il forme la gauche d'un commandement
Féraud (1er C.C.) et que la 5ème D.C. forme la droite
d'un commandement Degoutte (21ème C.A.) agissant à
l'ouest du précédent. L'ennemi, comme s'il avait
pressenti ou éventé le point faible qu'allait constituer
la soudure entre ces deux commandements; accentue en même
temps sa menace d'enveloppement contre la gauche de la 13ème
D.I. ... Pour parer à ce danger, les généraux
Féraud et Degoutte forment, dans l'après-midi, un
groupement Rey (une brigade de cavalerie, un bataillon d'infanterie,
de l'artillerie et du génie), mais celui-ci ne pourra pas,
dans la journée, produire un effet utile.
Au groupement Randier, qui
a été dès le matin, on l'a vu, renforcé
par des fractions de la 20ème D.I., ordre est donné,
vers 16 heures, de libérer ces éléments qui
doivent, eux aussi, appuyer à l'ouest après avoir
été relevés par des unités de la 1ère
D.C.: bataillon à pied de la 11ème brigade de dragons,
1er groupe cycliste et un groupe de 75. En raison des incessantes
attaques ennemies se développant autour du bois Meunière,
ce retrait est impossible pendant la journée: vers 22 heures,
un bataillon de la 20ème D.I. pourra enfin être remplacé
par le bataillon de cavalerie de la 11ème B.D. et ramené,
en réserve, à Villers-Agron.
C'est également vers
16 heures que les unités épuisées du 21ème
R.I. et du 21ème B.C.P. doivent, sous la pression de l'ennemie,
reculer jusqu'au bois de la Vente (nord d'Aougny), à la
cote 172 et au carrefour 2 kilomètres sud de Lhéry,
où se fait la liaison avec des éléments anglais.
A 18 heures, très forte
attaque des Allemands, qui atteignent Vieux-Vézilly
et les premiers maisons de Vézilly. Le
groupement Randier occupe les abords ouest du bois de la Vente
et d'Aougny avec le génie et deux compagnies fournies par
le 20ème B.C.P.; la cote 237 est tenue par un bataillon
du 25ème R.I. (puis, le soir, par le bataillon de cavaliers
du commandant Collet); Vézilly, le bois
de Vézilly et Morte Fontaine sont défendus
par un bataillon du 25ème R.I. et par le 109ème
R.I.; le 1er groupe cycliste est aux lisières nord du bois
Meunière.
Plus à l'ouest, le
terrain semble être vacant de groupes françaises.
Les débris des C.I.D. 157 et 22 et d'une compagnie du 20ème
B.C.P. forment un point d'appui, en arrière du groupement
Randier sur la croupe nord de Goussancourt. Les deux dernières
compagnies du 20ème B.C.P., qui ont servi pendant la journée
d'arrière-garde à la 5ème D.C., arrivent
le soir, exténuées, à Dormans. A la nuit,
l'artillerie divisionnaire a deux groupes au sud du bois Lanaux,
un groupe vers Aiguisy, un groupe vers la cote 212 (Anthenay);
le groupe lourd, qui n'a plus de munitions, est sur roues en bordures
de la route de Verneuil à Vandières. Le 1er groupe
d'automitrailleuses, qui a été mis dans la matinée
à la disposition du général de division,
favorise, le soir, le décrochage de Lagery et de Goussancourt.
Le général de division transporte à 20 heures
son P.C. à Olizy-Violaines. Le P.C. du groupement Féraud
(1er C.C.) vient à Vandières.
Depuis le matin, la 13ème
D.I. n'a reculé que de 3 à 4 kilomètres,
malgré la pression ininterrompue de l'ennemi et la constante
menace pesant sur sa gauche découverte. Les cadres et les
hommes, engagés sans arrêt depuis trois jours dans
une lutte déprimante, sont absolument exténués.
Le commandement décide de faire préparer une position
de repli derrière la division. Cette mission incombe à
la 120ème D.I. (général Mordacq) qui s'établit
sur la ligne générale Champvoisy - Sainte-Gemme
- Romigny.
Le général de
Bouillon conserve son dispositif en deux groupements, ayant chacun
son artillerie d'appui direct, et garde un groupement d'ensemble,
renforcé par le groupe de l'A.D.C. 1. Il réitère
à chacun la mission de résister sur place et d'assurer
la conservation de la route Romigny - Verneuil, conformément
à l'ordre formel du général d'Espérey.
Il fait savoir au groupement Randier que le groupement Rey doit
tenir la lisière ouest du bois Meunière et le plateau
de Ronchères. Il fait rétrograder les trains de
combats et convois sur Dormans et le P.A.D. sur Orquigny.
Le 30 mai, vers 2 heures,
les Allemands, qui ont intercalé sur le front la 36ème
D.I. et la 103ème D.I., commencent sur tout le front de
nouveaux préparatifs d'attaque. A 3 h 15, ils forcent le
109ème R.I., le bataillon Collet et le 21ème R.I.
à reculer jusqu'au front bois de Lanaux - Aougny, cote
172. A 4 heures, ils avancent sur le front Aougny - Goussancourt;
malgré la résistance de toutes nos troupes, en particulier
des automitrailleuses à Goussancourt et des compagnies
du génie à Aougny, nous reculons jusqu'à
la bifurcation 2 kilomètres est de Goussancourt, à
Villers-Agron, Forzy, Berthenay et Romigny.
Après un temps d'arrêt,
l'ennemi reprend son mouvement d'infiltration par le bois Meunière
et la Garenne de Villers-Agron, refoulant sur Saint-Gemme le groupe
cycliste, les C.I.D. 157 et 22. Puis, son artillerie, en position
vers le bois de Rognac et de Vézilly,
prépare l'attaque du village de Villers-Agron, que nous
perdons vers 8 h 30, après un corps à corps auquel
participe le groupe automitrailleuses. |
Extrait de "L'historique du 18eme BCP".
Certes, Vézilly n'est pas cité, mais l'action
se déroule à Ronchère et dans le Bois Meunière.
La marche en avant reprend le 27 (NDR :
juillet 1918) au matin. L'ennemi a abandonné toute la
forêt de Ris, mais tient dans Ronchères et le bois
Meunière.
La journée du 28 donne aux Américains Ronchères,
au 120e le bois de la Défense. Les 3e et 4e compagnies
gagnent dans la direction du bois Meunière, dont les
avancées sont fortement occupées. A 18h30, après
une énergique et courte préparation par mortiers
Stokes, la 3e compagnie saute sur la ligne allemande, lui fait
38 prisonniers (3e Chasseurs) et capture deux mitrailleuses.
Mais en arrière de cette ligne, des lisières de
bois, partent des feux très vifs. Le sous-lieutenant
MAGNANT est tué, et notre ligne, clouée au sol,
très en flèche par rapport à ses voisins,
doit s'enterrer à hauteur de la route de Ronchères
au Télégraphe détruit. La 4e s'échelonne
sur le flanc droit de la 3e ; elle subit en peu de temps des
pertes sévères, les feux partant du Télégraphe
détruit prenant ses sections d'enfilade et même
de revers. Les 2e et 1re compagnies étaient les flancs
de l'attaque. La 5e est en réserve un peu en avant de
l'Ourcq.
La journée du 29 n'amène pas une amélioration
sensible dans la situation. Les 3e et 4e compagnies renouvellent
leurs efforts pour atteindre la lisière mais ne peuvent
parvenir à avancer en raison de la position prise par
l'adversaire sur leur flanc. A droite, le 120e ne réussit
pas à progresser ; à gauche, les Américains
sont bloqués dans Ronchères d'où ils ne
peuvent déboucher. Nouvelle tentative le 30 au matin,
par le 147e qui a remplacé le 120e. Les Allemands tiennent
toujours au Télégraphe détruit. La décision
sera obtenue par un succès américain plus à
l'ouest (bois des Grimpettes) qui amènera le repli de
toute la ligne.
Le 31 juillet, le Bataillon traverse vivement la partie ouest
du bois Meunière et fait un bond en avant de plus de
3 kilomètres. Mais une nouvelle ligne ennemie s'est constituée,
et les éléments de tête débouchent
difficilement de la lisière nord-ouest du bois Meunière.
La brigade américaine placée à gauche du
18e appuie peu à peu dans le secteur du Bataillon, cherchant
le couvert. Une série d'attaques décousues la
met en possession, le 1er août, des avant-lignes allemandes,
en particulier de la ferme Bellevue. Le Bataillon en liaison
avec elle atteint la région des carrières à
l'est de Cierges, puis, le 2 au matin, se porte à l'attaque
du Pâtis de Charmory. L'ennemi cède partout et
se replie rapidement. Vers 14 heures, nous avons atteint le
village de Coulonges et les lisières nord du bois de
Rognac. A 19h30, le 18e est aux lisières nord du bois
d'Aiguizy.
Le 3 août, il dépasse ce bois, vient entre Arcis-le-Ponsart
et la ferme Longeville, puis est porté, à la nuit
sur la ferme des Petites Chezelles où il reste jusqu'au
4 au soir. En avant, le 147e a franchi l'Ardre et occupe le
plateau de la ferme La Cense ; les Américains pénètrent
dans Fismes.
De nouvelles forces américaines entrant en ligne, le
Bataillon glisse à droite, revient vers Arcis-le-Ponsart,
et est ensuite repoussé en avant par le jeu des relèves
intérieures de la Division. Le 6 août, il est à
Courville et dans le ravin en avant du village. Le 8 août,
il est relevé et se reporte sur Passy-Grigny, d'où
il est transporté à Épense (11 août).
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