.
a la quete de nos racines
Généalogie en Auvergne, Lozère, Bretagne, Alsace, Nord, Luxembourg, Picardie, Champagne


Vézilly pendant la Grande Guerre

VEZILLY a subit les deux Batailles de la Marne, en 1914 et en 1918. Voici quelques courts extraits de récits.

Pour en savoir plus sur la Grande Guerre, voir (entr'autre) : http://perso.club-internet.fr/batmarn1

Extrait de : "La bataille de la Marne", livre écrit par Gabriel Hanotaux, publié en 1922 par Plon, est un ouvrage, complet, très détaillé et bien documenté, en deux tomes : le premier (346 pages) traite des combats du 25 août au 7 septembre 1914, alors que le deuxième (415 pages) présente la période du 8 au 13 septembre. Monsieur Hanotaux est également l'auteur d'une "Histoire illustrée de la guerre de 1914.

Nous avons laissé le 3e corps décidant du sort de la bataille de la Marne par son vigoureux " à droite ", dans la journée du 9 (NDR : septembre 1914). Il prend la poursuite dés 10, en direction de Jaulgonne. Le 7e chasseurs, qui l'éclaire, occupe Jaulgonne à 10 heures, après un combat extrêmement vif. Il a devant lui les arrière-gardes de l'armée Bülow. Entre 14 heures et midi, les têtes des deux divisions ont franchi la Marne (Voir le récit de l'affaire de Jaulgonne dans Marcel Dupont, En campagne, p. l24.). A 16 heures, la 5e division est établie entre Rozoy et Tréloup ; le mouvement se dessine vers Ville-en-Tardenois et Reims.

Mais, le 11, la direction donnée à toute l'armée vers l'est est assignée au 3e corps. On apprend que des troupes ennemies, et en particulier de la cavalerie, ont passé la nuit à Goussancourt, Coulonges et Vézilly, c'est-à-dire entre Fismes et Reims ; le gros de ces troupes était encore à Cougny entre 11 heures et midi. On s'approche et on les cherche au nord de Lagery, où le général Hache établit son poste de commandement.


La 13ème D.I. se compose en Mai 1918 du 21ème, du 109ème R.I., du 20ème et 21ème B.C.P.. Elle est appuyée par le 62ème R.A.C. et un Groupe du 121ème R.A.L., ainsi que par un Escadron du 4ème Chasseurs à Cheval. Ce texte a été publié en 1926 dans "La revue militaire française" par le Lieutenant-Colonel Laure et le Commandant Jacottet.

Du 29 mai aux premiers jours de juin - Rétablissement sur les plateaux du Tardenois
Le 29, entre 3 et 4 heures du matin, le 21ème B.C.P. est au contact avec la 154ème D.I. vers la station de Prin-sur-l'Ardres. Nous tenons la ferme 2 kilomètres nord de Brouillet, la partie moyenne du bois des Moines, le carrefour des routes de Cohan à Lagery et d'Arcis-le-Ponsart à Vézilly. Le front passe ensuite par Igny-l'Abbaye, le bois d'Aiguisy, la corne ouest du bois de Rognac où le 109ème R.I. est dans une situation assez imprécise. Plus à l'ouest, fractions mélangées du C.I.D. 157 et du 20ème B.C.P. La soudure avec la 5ème D.C. se fait vers Villomé. L'artillerie de 75 de la division a un groupe au nord de Romigny, un groupe au bois Lanaux, un groupe près de Berthenay. A l'artillerie lourde, une batterie est près de la station d'Olizy, une autre près de la station d'Anthenay: des deux batteries ont peu de munitions; la 3ème batterie, sans munitions, a dû rejoindre la colonne légère.

Le général de division maintient la répartition de son infanterie et donne à chaque groupement un groupe d'artillerie d'appui direct. Il se réserve un groupement d'action d'ensemble (un groupe 75, le groupe 155), pour pouvoir intervenir suivant les événements. L'escadron divisionnaire aura pour mission de rechercher et de resserrer les liaisons avec les divisions voisines. Les deux compagnies du génie, qui ont combattu depuis deux jours dans les rangs de l'infanterie, se porteront sur Aougny et y installeront un centre de résistance. Les trains de combat et trains régimentaires viendront au nord de Villers-Agron. Le C.I.D. 13 se reconstituera à Verneuil. P.C. de la division: à Villers-Agron.

A 6 heures, deux bataillons de la 19ème D.I. britannique arrivent derrière la gauche du groupement Weiler: ils forment l'avant-garde de leur division, qui débarquera au cours de la journée dans cette partie du champ de bataille, mais sans artillerie.

Vers 7 h 30, le général Putois, commandant la 20ème D.I. qui arrive en renfort de la 13ème D.I., se présente à Villers-Agron au général de Bouillon. Il met à sa disposition deux bataillons du 25ème R.I., qui sont immédiatement dirigés sur Vézilly pour étayer la gauche de la division; un groupe d'artillerie, qui s'établit vers le bois Lanaux avec même mission identique; et deux compagnies du génie, qui devront être poussées sur Vézilly pour y organiser un centre de résistance.

A l'ouest, la 5ème D.C., avec des groupes lui appartenant en propre et celles du groupement Randier qu'elle a cru, la veille, devoir prendre sous ses ordres, résiste difficilement à la pression continue et violente des Allemands: au cours de la matinée, ceux-ci s'emparent des plateaux entre Coulonges et Cierges, si bien que le flanc de la 13ème D.I. est à nouveau gravement découvert.

A midi, le général de Bouillon est informé qu'il forme la gauche d'un commandement Féraud (1er C.C.) et que la 5ème D.C. forme la droite d'un commandement Degoutte (21ème C.A.) agissant à l'ouest du précédent. L'ennemi, comme s'il avait pressenti ou éventé le point faible qu'allait constituer la soudure entre ces deux commandements; accentue en même temps sa menace d'enveloppement contre la gauche de la 13ème D.I. ... Pour parer à ce danger, les généraux Féraud et Degoutte forment, dans l'après-midi, un groupement Rey (une brigade de cavalerie, un bataillon d'infanterie, de l'artillerie et du génie), mais celui-ci ne pourra pas, dans la journée, produire un effet utile.

Au groupement Randier, qui a été dès le matin, on l'a vu, renforcé par des fractions de la 20ème D.I., ordre est donné, vers 16 heures, de libérer ces éléments qui doivent, eux aussi, appuyer à l'ouest après avoir été relevés par des unités de la 1ère D.C.: bataillon à pied de la 11ème brigade de dragons, 1er groupe cycliste et un groupe de 75. En raison des incessantes attaques ennemies se développant autour du bois Meunière, ce retrait est impossible pendant la journée: vers 22 heures, un bataillon de la 20ème D.I. pourra enfin être remplacé par le bataillon de cavalerie de la 11ème B.D. et ramené, en réserve, à Villers-Agron.

C'est également vers 16 heures que les unités épuisées du 21ème R.I. et du 21ème B.C.P. doivent, sous la pression de l'ennemie, reculer jusqu'au bois de la Vente (nord d'Aougny), à la cote 172 et au carrefour 2 kilomètres sud de Lhéry, où se fait la liaison avec des éléments anglais.

A 18 heures, très forte attaque des Allemands, qui atteignent Vieux-Vézilly et les premiers maisons de Vézilly. Le groupement Randier occupe les abords ouest du bois de la Vente et d'Aougny avec le génie et deux compagnies fournies par le 20ème B.C.P.; la cote 237 est tenue par un bataillon du 25ème R.I. (puis, le soir, par le bataillon de cavaliers du commandant Collet); Vézilly, le bois de Vézilly et Morte Fontaine sont défendus par un bataillon du 25ème R.I. et par le 109ème R.I.; le 1er groupe cycliste est aux lisières nord du bois Meunière.

Plus à l'ouest, le terrain semble être vacant de groupes françaises. Les débris des C.I.D. 157 et 22 et d'une compagnie du 20ème B.C.P. forment un point d'appui, en arrière du groupement Randier sur la croupe nord de Goussancourt. Les deux dernières compagnies du 20ème B.C.P., qui ont servi pendant la journée d'arrière-garde à la 5ème D.C., arrivent le soir, exténuées, à Dormans. A la nuit, l'artillerie divisionnaire a deux groupes au sud du bois Lanaux, un groupe vers Aiguisy, un groupe vers la cote 212 (Anthenay); le groupe lourd, qui n'a plus de munitions, est sur roues en bordures de la route de Verneuil à Vandières. Le 1er groupe d'automitrailleuses, qui a été mis dans la matinée à la disposition du général de division, favorise, le soir, le décrochage de Lagery et de Goussancourt. Le général de division transporte à 20 heures son P.C. à Olizy-Violaines. Le P.C. du groupement Féraud (1er C.C.) vient à Vandières.

Depuis le matin, la 13ème D.I. n'a reculé que de 3 à 4 kilomètres, malgré la pression ininterrompue de l'ennemi et la constante menace pesant sur sa gauche découverte. Les cadres et les hommes, engagés sans arrêt depuis trois jours dans une lutte déprimante, sont absolument exténués. Le commandement décide de faire préparer une position de repli derrière la division. Cette mission incombe à la 120ème D.I. (général Mordacq) qui s'établit sur la ligne générale Champvoisy - Sainte-Gemme - Romigny.

Le général de Bouillon conserve son dispositif en deux groupements, ayant chacun son artillerie d'appui direct, et garde un groupement d'ensemble, renforcé par le groupe de l'A.D.C. 1. Il réitère à chacun la mission de résister sur place et d'assurer la conservation de la route Romigny - Verneuil, conformément à l'ordre formel du général d'Espérey. Il fait savoir au groupement Randier que le groupement Rey doit tenir la lisière ouest du bois Meunière et le plateau de Ronchères. Il fait rétrograder les trains de combats et convois sur Dormans et le P.A.D. sur Orquigny.

Le 30 mai, vers 2 heures, les Allemands, qui ont intercalé sur le front la 36ème D.I. et la 103ème D.I., commencent sur tout le front de nouveaux préparatifs d'attaque. A 3 h 15, ils forcent le 109ème R.I., le bataillon Collet et le 21ème R.I. à reculer jusqu'au front bois de Lanaux - Aougny, cote 172. A 4 heures, ils avancent sur le front Aougny - Goussancourt; malgré la résistance de toutes nos troupes, en particulier des automitrailleuses à Goussancourt et des compagnies du génie à Aougny, nous reculons jusqu'à la bifurcation 2 kilomètres est de Goussancourt, à Villers-Agron, Forzy, Berthenay et Romigny.

Après un temps d'arrêt, l'ennemi reprend son mouvement d'infiltration par le bois Meunière et la Garenne de Villers-Agron, refoulant sur Saint-Gemme le groupe cycliste, les C.I.D. 157 et 22. Puis, son artillerie, en position vers le bois de Rognac et de Vézilly, prépare l'attaque du village de Villers-Agron, que nous perdons vers 8 h 30, après un corps à corps auquel participe le groupe automitrailleuses.


Extrait de "L'historique du 18eme BCP". Certes, Vézilly n'est pas cité, mais l'action se déroule à Ronchère et dans le Bois Meunière.

La marche en avant reprend le 27 (NDR : juillet 1918) au matin. L'ennemi a abandonné toute la forêt de Ris, mais tient dans Ronchères et le bois Meunière.
La journée du 28 donne aux Américains Ronchères, au 120e le bois de la Défense. Les 3e et 4e compagnies gagnent dans la direction du bois Meunière, dont les avancées sont fortement occupées. A 18h30, après une énergique et courte préparation par mortiers Stokes, la 3e compagnie saute sur la ligne allemande, lui fait 38 prisonniers (3e Chasseurs) et capture deux mitrailleuses. Mais en arrière de cette ligne, des lisières de bois, partent des feux très vifs. Le sous-lieutenant MAGNANT est tué, et notre ligne, clouée au sol, très en flèche par rapport à ses voisins, doit s'enterrer à hauteur de la route de Ronchères au Télégraphe détruit. La 4e s'échelonne sur le flanc droit de la 3e ; elle subit en peu de temps des pertes sévères, les feux partant du Télégraphe détruit prenant ses sections d'enfilade et même de revers. Les 2e et 1re compagnies étaient les flancs de l'attaque. La 5e est en réserve un peu en avant de l'Ourcq.
La journée du 29 n'amène pas une amélioration sensible dans la situation. Les 3e et 4e compagnies renouvellent leurs efforts pour atteindre la lisière mais ne peuvent parvenir à avancer en raison de la position prise par l'adversaire sur leur flanc. A droite, le 120e ne réussit pas à progresser ; à gauche, les Américains sont bloqués dans Ronchères d'où ils ne peuvent déboucher. Nouvelle tentative le 30 au matin, par le 147e qui a remplacé le 120e. Les Allemands tiennent toujours au Télégraphe détruit. La décision sera obtenue par un succès américain plus à l'ouest (bois des Grimpettes) qui amènera le repli de toute la ligne.
Le 31 juillet, le Bataillon traverse vivement la partie ouest du bois Meunière et fait un bond en avant de plus de 3 kilomètres. Mais une nouvelle ligne ennemie s'est constituée, et les éléments de tête débouchent difficilement de la lisière nord-ouest du bois Meunière. La brigade américaine placée à gauche du 18e appuie peu à peu dans le secteur du Bataillon, cherchant le couvert. Une série d'attaques décousues la met en possession, le 1er août, des avant-lignes allemandes, en particulier de la ferme Bellevue. Le Bataillon en liaison avec elle atteint la région des carrières à l'est de Cierges, puis, le 2 au matin, se porte à l'attaque du Pâtis de Charmory. L'ennemi cède partout et se replie rapidement. Vers 14 heures, nous avons atteint le village de Coulonges et les lisières nord du bois de Rognac. A 19h30, le 18e est aux lisières nord du bois d'Aiguizy.
Le 3 août, il dépasse ce bois, vient entre Arcis-le-Ponsart et la ferme Longeville, puis est porté, à la nuit sur la ferme des Petites Chezelles où il reste jusqu'au 4 au soir. En avant, le 147e a franchi l'Ardre et occupe le plateau de la ferme La Cense ; les Américains pénètrent dans Fismes.
De nouvelles forces américaines entrant en ligne, le Bataillon glisse à droite, revient vers Arcis-le-Ponsart, et est ensuite repoussé en avant par le jeu des relèves intérieures de la Division. Le 6 août, il est à Courville et dans le ravin en avant du village. Le 8 août, il est relevé et se reporte sur Passy-Grigny, d'où il est transporté à Épense (11 août).


Extrait du bulletin municipal "Les Echos de Vézilly" de Noel 2003

UN 11 NOVEMBRE PAS COMME LES AUTRES

Ce n'est pas parce qu'on fêtait le 85eme anniversaire de l'Armistice de la Grande Guerre que tout devait changer. Pourtant, cette année la municipalité avait décidé que cette cérémonie, suivie traditionnellement par 25 à 30 % de la population, devait revêtir un caractère particulier.

Ce fut donc ma musique qui fut présente et grâce à des CD judicieusement choisis, la cérémonie put commencer par la chanson de Craonne, celle des poilus du Chemin des Dames. Un chant longtemps interdit mais Ô combien émouvant interprété par ... Maxime Leforestier, un chant qui évoque la souffrance, la crainte, la peur de ceux qui allaient partir à l'assaut avec peu de chance d'en revenir.

Puis ce futle dépôt de gerbe par Pierre Nicolle, la sonnerie aux Morts, l'appel des poilus de la commune morts pour la France, le message du Ministre des Anciens Combattants, le mot du Maire puis la Marseillaises.

Comme à l'accoutumée, les tombes des poilus furent fleuries ainsi que celle de Mme Compan, notre doyenne, disparue à quelques semaines de fêter son centenaire, en tant que représentante de toutes ces mères, épouses ou soeurs qui ont soufferts dans leur chair et eurent souvent à remplacer au travail ceux qui étaient au front. Autre tombre fleurie, celle de l'ancien Maire, H. Barbier, bienfaiteur de la commune et surtout le premier de Vézilly à avoir été admis dans l'ordre de la Légion d'Honneur.

Le pot de l'amitié clôtura cette cérémonie dont chacun se plut à dire qu'elle les avait davantage marqués que les précédentes. Une tradition à poursuivre désormais.


Mentions Légales  
.