CA
A COMMENCE en 1976, la fameuse année de la
sécheresse ! à l'époque, c'était
exceptionnel d'avoir 40 °C... mais là est une autre
histoire. J'étais en CM2 à Aubervilliers, en
proche banlieue nord-est de Paris. L'instituteur, dont le
nom était comme la chanson, nous a demandé,
un jour, de faire notre arbre généalogique sur
3 générations. Il avait fait un simple schéma
comme celui là :
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Le Père
du Père de mon Père |
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La Mère
du Père de mon Père |
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Le Père
de la Mère de mon Père |
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La Mère
de la Mère de mon Père |
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Le Père
du Père de ma Mère |
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La Mère
du Mère de ma Mère |
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Le Père
de la Mère de ma Mère |
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La Mère
de la Mère de ma Mère |
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En rentrant à
la maison, je montre ça à mon père et
on se prend au jeu. Ca prend un petit quart d'heure à
mettre les noms dans les cases. C'est pour moi l'occasion
de poser des questions sur les lieux où ont vécu
tous ces gens, et sur les dates. Là, je prends mon
premier vertige généalogique ! Je découvre
qu'une de mes arrières-grands-mères, que je
connais bien puisque je passe régulièrement
des vacances dans sa ferme, en Alsace, est née au siècle
précédent, avant 1900 !! c'est fantastique pour
moi ! du haut de mes 10 ans, en un quart d'heure d'échange,
je change de siècle ! en ce temps là, pas de
voitures, pas d'eau courante, pas de téléphone
!...
Rapidement, j'ai envie d'aller plus loin
; je m'aperçois qu'en utilisant un référencement
du type "le père du mère de ma mère",
ça devient vite incompréhensible ! et nous voilà
à "inventer" un système de numérotation
ou le père porte le numéro de son ascendant
multipilé par deux, et la mère le numéro
du père plus un. Je découvrirais plus tard,
beaucoup plus tard qu'un certain Monsieur Sosa-Stradonitz
avait eu la même
idée avant...
Puis mon père fouille dans ses papiers,
et sort une roue d'ascendance, qu'un ami de ma grand-mère,
officier d'état civil avait fait à ses heures
perdues. Et là, j'atteint d'un bond les années
1780... la révolution française, le temps des
Rois... fantastique... je découvre que les ancètres
de ma grand-mère étaient de gros propriétaires
fermiers, et je me prends à rêver : et si je
descendais de quelqu'un de célèbre ? Cette fois,
le virus est bien accroché... |
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Les mois et les années suivantes ont passé
en quêtes, recherches, découragement. En énervement
aussi, lorsque je recevais un extrait d'état civil
laconique alors que j'avais demandé une copie intégrale
! Au départ, mon argent de poche me contraint à
l'économie. J'envoie des courriers aux mairies en
timbrant au tarif economique (je joins quand même
une enveloppe timbrée pour la réponse). Je
fais systématiquement des copies carbones des courriers.
J'essaye de bien m'organiser car j'ai vite compris qu'à
chaque génération, la quantité d'informations
à traiter serait au moins multiplié par 2...
encore le vertige... Je mets en place un petit fichier avec
des cartes numérotées sur lesquels je trace,
pour chaque individu, toutes les informations recueillies.
Quelques années plus tard, alors que l'adolescence
me donne plus d'autonomie, je m'aventure aux archives à
Paris, puis je prend le train pour aller passer un journée
dans la salle d'archive de la mairie de Condé sur
l'Escaut (dans le nord) ; je découvre que la généalogie
n'est pas une science exacte. Parfois, en cherchant un acte,
j'en trouve un autre insoupconné quelques pages plus
loin dans le registre. Je découvre aussi qu'il ne
faut pas trop s'attacher à l'orthographe des noms,
ni à la rigueur des dates...
Vers 1985, j'ai mon premier ordinateur, et j'apprend l'informatique
et la programmation en basic, à la MJC de mon village
avec un certain F. Lerebourg... (à l'origine du CDIP...
lui a su exploiter sa passion et son savoir ! félicitation
!). Mon premier ordinateur sera un Commodore 64, avec 64
kOctet de Mémoire (soit dix mille fois moins qu'un ordinateur
entrée de gamme d'aujourd'hui...) sur lequel je programme
en basic un petit système de gestion de généalogie,
et surtout qui me permet de rédiger et d'archiver
les courriers que j'adresse aux mairies.
Finalement, aujourd'hui, rien n'a vraiment changé
: mes moyens informatiques ont fait un bond, et je peux
plus facilement me déplacer dans les mairies et aux
archives, mais il faut toujours beaucoup de patience. Ah
! si, tout de même un changement majeur : internet...
avec les bases en lignes, les sites plus ou moins gratuits,
on entre facilement en relation avec des lointains cousins,
et ça c'est véritablement une révolution
!
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